front
front
n.m. [ lat. frons, frontis ]FRONT
(fron ; le t se lie : un fron-t élevé ; au pluriel, l's se lie : des fron-z élevés) s. m.HISTORIQUE
- XIe s. Entre les ieuz mult [il] ot large le front [, Ch. de Rol. XCII]
- XIIe s. Et vos [votre] douz front qui plus est clair que glace [, Couci, X]
- XIIIe s. Quand vient en mai, que l'on dit as lons jours, Que Franc de France repairent de roi court [de la cour du roi], Regnauz repaire devant au premier front [, Romancero, p. 49]De Constantinoble, qui tenoit trois liues devers la terre de front, ne pooit li os [l'armée] ataindre que l'une des portes [VILLEH., LXXIV]Einsi furent les batailles longuement front à front [ID., LXXXII]Li dus de Venise ot fait ses nes [navires] et ses vaissiaux ordener tout d'un front [ID., LXXVII]Contraire chose sont celes qui tout droit, front à front, sont l'une contre l'autre, si comme est froit contre chaut [BRUN. LATINI, Trésor, p. 535]Cil qui i faut [qui est éhonté] est apelez sans vergoigne et sanz front [ID., ib. p. 273]Et li frons de la maison doit estre contre midi [ID., ib. p. 176]
- XIVe s. Tellement fu li mur par sa force [du chevalier] minez Que deux hommes de front y fussent bien entrez [, Guesclin 20218]
- XVe s. ....Il tient son front Par devant eulx, comme orgueilleux et fiers [EUST. DESCH., f° 234, dans LACURNE]
- XVIe s. Pour entreprendre de marcher front à front avecques ces gents là [MONT., I, 155]Les hommes d'armes qui faisoient front en l'armée de Tigranes [ID., II, 94]Les Romains furent contraints de venir au combat tout de front par païs uny et plain [AMYOT, Pyrrhus, 46]Autrement, comme pourrois-je ny ayec quel front me trouver en la compagnie des autres honestes dames quand.... [ID., Agis et Cléom. 19]Le roi de Navarre se revolte et celebre son changement en une procession generale à fin d'estouffer les hontes secrettes et reproches domestiques par le front d'un acte public [D'AUB., Hist. I, 130]Il fit de sa file son front [ID., ib. I, 149]Les assiegez leur laisserent gagner le front de la breche [ID., ib. I, 184]S'il y avoit jardin derriere le manoir, et terre qui n'eust point front avec les dits survivans, leur est tenu bailler quatre pieds de voyes, pour eschange d'autre heritage [, Nouv. coust. gén. t. I, p. 394]Nul ne peut faire bastir et edifier maison ou autre edifice sur front de rue sans prendre alignement de la justice [, ib. t. II, p. 1028]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. front ; espagn. frente ; portug. et ital. fronte ; du latin frontem ; sansc. bhruva ; gaélique, a-bhra ; bas-bret. a-brant ; angl. brow.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- FRONT. Ajoutez :
- Front d'attaque, la face par laquelle on commence le creusement d'un tunnel, d'un puits, etc. Le front d'attaque, dans chacun de ces chantiers, présente une section de 6 à 7 mètres carrés [, le Soleil, 18 août 1875]
front
Il se dit, par extension, pour Tout le visage. Un front serein. Un front sévère. On lit sur son front ce qu'il pense. La rougeur qui couvrait leur front.
Il se dit aussi du Devant de la tête de quelques animaux. Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant, etc. Un cheval qui a une étoile au milieu du front.
Il désigne aussi la Tête, surtout en poésie et dans le style élevé. Courber son front. Humilier son front. Lever, relever le front. Il ne s'emploie guère que dans ces sortes de phrases, pour exprimer l'humiliation, l'abaissement, la servitude, ou la fierté, la révolte, etc.
Il marche le front levé, il peut marcher le front levé, Il n'a pas à craindre de reproches.
Il signifie au figuré Trop grande hardiesse, impudence. Aura-t-il le front de soutenir ce qu'il dit? C'est avoir bien du front. De quel front ose-t-il se présenter devant vous?
Fig., Un front d'airain. Voyez AIRAIN.
FRONT se dit poétiquement pour Cime, sommet. Ces rochers qui cachent leur front dans les nues.
Il signifie encore figurément, en termes d'Architecture, Face d'une construction. Le front d'un bâtiment. Le front d'un palais. Le front d'une fortification.
FRONT désigne encore figurément, en termes militaires, spécialement en termes de Guerre, la Ligne des troupes qui sont devant l'ennemi. Le front d'une armée. Le front ennemi s'étend de tel point à tel autre. Les troupes du front, Les troupes de première ligne. Le front a avancé, a reculé sur tels ou tels points. Le front s'est immobilisé. Aller au front; Être sur le front, au front; Percer, rompre, désorganiser le front, Aller, être sur le théâtre des opérations et y prendre part.
Passer sur le front d'une troupe, Passer devant le front d'une troupe rangée en bataille.
Faire front se dit d'une Troupe qui était par le flanc et dont les hommes se tournent de manière à présenter le front. Par ellipse, en termes de Commandement, Halte, front.
Front de bandière. Voyez BANDIÈRE.
DE FRONT, loc. adv. Par-devant. Attaquer l'ennemi de front. Fig., Heurter de front les préjugés, Les attaquer sans ménagement.
DE FRONT signifie aussi Côte à côte. Un défilé où il ne peut passer que deux hommes de front. Cette rue est assez large pour que deux voitures y puissent passer de front. Ils marchaient tous trois de front. Fig., Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues de front, S'occuper de deux affaires, de deux intrigues en même temps.
front
Le Front, Frons frontis.
Petit front et court, Breuis frons.
Eschauffer le front à quelqu'un, Calefacere aliquem.
Estendre son front, et oster les rides, Exporrigere frontem.
Parler d'un front estendu, d'une face joyeuse, Porrectiore fronte loqui.
Qui a grand front, Fronto.
Qui a deux frons, Bifrons.
front
FRONT, s m. FRONTAL, FRONTEAU, s. m. [Fron, frontal, fronto: 1re long. 2e dout. au sing. du dern. long. au plur. fronteaux.] Front est, 1°. la partie du visage, qui est depuis la racine des cheveux jusqu'aux sourcils. "Avoir des rides au front ou sur le front. = Il se prend quelque-fois pour tout le visage. "On lit, on voit sur son front, etc. = 2°. Il se dit du devant de la tête de quelques animaux. "Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant. = 3°. Figurément; audace, impudence. "Aurez-vous le front d'assurer un pareil mensonge? — De quel front Virgile osait-il vous dire, etc. Font. — N' avoir point de front, n'avoir ni honte, ni pudeur. — Il a un front d'airain, ou c'est un front d'airain; il ne rougit de rien. Toutes ces expressions, et sur-tout la dernière, sont du haut style, comme du style familier. = 4°. Front se dit des chôses, quand on parle d'une armée, d'une troupe, d'un bâtiment. L'armée présentait un grand front. "Ce bataillon avoit tant de front. "Il faisoit front de tous côtés. "Le front d'un bâtiment, d'un bastion.
DE FRONT, adv. Par devant. "Ataquer l'énemi de front. "Il se présente, pour ainsi dire, de front au péril. Vertot. "La fausse grandeur est farouche... elle se cache, et ne se montre pas de front. = Tout-à-la-fois et en même tems: "Leibnitz mena de front toutes les sciences. "Loin de séparer les deux méthodes, celles de l'expérience et du raisonement, on ne peut aporter trop de soin à les mener de front, et à les unir perpétuellement. Ann. Lit. "Le talent râre de combiner les évènemens politiques avec les succès guerriers, de les enchaîner avec adresse, et de les faire marcher, pour ainsi dire, de front. Ibid. "L'embârras de faire marcher de front une intrigue et des caractères. Mercûre. = Les uns disent choquer, les aûtres, heurter de front, ouvertement. "Heurtant de front tout ce qui fait aujourd'hui l'admiration des hommes, je ne puis m'attendre qu'à un blâme universel. J. J. Rousseau. — M. l'Abé Guénée dit, choquer de front, mais heurter vaut mieux, et il est plus usité. = L'Acad. ne met ni choquer, ni heurter de front, ni mener ou faire marcher de front, ni se présenter, ou se montrer de front. Ce n'est pas à dire pourtant que ces expressions ne soient d'usage, et qu'on ne puisse s'en servir. C'est qu'il est impossible qu'on n'omette de tems en tems quelques articles, même intéressans; et qu'on ne pense jamais à tout.
REM. Front, pour air, est poétique.
Ah! je n'en doute pas, et ce front satisfait
Dit assez à mes yeux que Porus est défait.
Rac. Alex.
"Le sort me verra, d'un front toujours égal recevoir ses bienfaits et braver ses rigueurs. Jér. Dél. — On dirait, en prose, cet air satisfait, d'un air toujours égal. = À~ front découvert, est aussi plutôt du style soutenu, que du familier.
Mais en ce siècle à la révolte ouvert,
L'impiété marche à front découvert.
Lever un front orgueilleux, est aussi une expression poétique ou oratoire.
De vils mortels jusqu'au plus haut des cieux
Osent lever un front audacieux.
Rouss.
FRONTAL et FRONTEAU ont la même signification, mais ils n'ont pas le même emploi. Ils signifient tous deux, un bandeau qu'on met sur le front: mais le 1er se dit d'un remède pour apaiser le mal de tête; et d'une corde à plusieurs noeuds, dont on serre le front d'un homme, pour le forcer d'avouer quelque chôse. Le 2d se dit d'un bandeau sur lequel était écrit le nom de Dieu, ou quelque passage de l'Écriture Sainte, que les Juifs avaient acoutumé de porter sur le front; de cette partie de la têtière, qui passe au-dessus des yeux du cheval; et encôre du morceau de drap noir, dont on couvre le front d'un cheval, quand on l'enharnache de deuil. = Dans ces deux derniers sens, on dit aussi frontail.
front
front
Stirn, Front, Vorderseiteforehead, front, battlefront, frontage, brow, face, effronteryvoorhoofd, front, gevel, voorzijde, voorkantחזית (נ), מצח (ז), פדחת (נ), שטח לחימה (ז), מֵצַח, פַּדַּחַתvoorkopfrontpandefronto, fruntofrenteotsafronte額fronspanne, forsidetesta, frente, fronte, vanguardapannaalıncái trán, tránμέτωποлобجَبْهَةčeločelo이마czołoหน้าผาก前额 (fʀɔ̃)nom masculin