François YIODÉGUEDE*
Contribution à l'étude du Paléolithique de la Côte d'Ivoire :
état des connaissances1
Introduction
L'aperçu des connaissances que nous présentons ici est lié à la problématique de l'histoire du peuplement ancien de l'Afrique occidentale tropicale humide. Les savoirs en ce domaine accusent encore un retard considérable par rapport à celles des zones d'Afrique orientale, septentrionale et australe. On constate malgré cela des différences entre les cultures archéologiques anciennes du milieu forestier et celles venues du Sahara ainsi que des formes particulières peut-être liées aux zones de transition environnementales que l'on peut rencontrer en Côte d'Ivoire. Certains chercheurs, partisans d'une genèse de peuplement tardif de la zone forestière humide situent l'occupation de celle-ci à partir du Quaternaire récent ; d'autres, au contraire, font coïncider ces processus avec la fin du pleistocene supérieur. Le problème du peuplement de l'Afrique de l'Ouest, le caractère des cultures du paléolithique, le lien de ces dernières avec l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Est revêtent un intérêt considérable, intérêt perceptible à travers l'examen des sources archéologiques.
La variété de ces industries relève aussi de la diversité des périodes attestées, elle suppose d'ailleurs leur analyse séparée. Notre propos se concentrera sur les étapes initiales du paléolithique.
Depuis près d'une décennie, des découvertes importantes ont été réalisées en Côte-d'Ivoire. Elles se rapportent à des industries lithiques trouvées pour la plupart en stratigraphie et relevant du paléolithique et permettent de redéfinir aujourd'hui la position chronologique de l'occupation initiale de la Côte d'Ivoire.
Nous essayerons de situer d'abord l'état actuel des recherches de la dite période et aborderons ensuite les problèmes historiographiques2 qu'elles posent.
*. Institut d'Histoire, Art et Archéologie d'Abidjan, Université Nationale de Côte d'Ivoire, Abidjan. 1. Une version préliminaire de cet article est parue dans le bulletin du GIDIS-ORSTOM n° 6, 1993. 2. Signalons ici que l'emploi du terme « historique » se réfère à une tradition d'étude soviétique peu répandue dans les études du paléolithique africain ou européen (note des coordonnateurs du dossier).
Journal des africanistes 65 (2) 1995 : 79-91



















